Grève de la faim des Thiantakoun : C’est la panique au sommet de l’Etat

Deux jours après l’entame de la grève de la faim des Thiantakoun  qui réclament leur «procès dans un délai raisonnable», aucun compromis n’est encore trouvé entre ces détenus et  les autorités judiciaires.

De quoi installer la panique, suite à l’évacuation de deux grévistes qui ont tenté de se suicider.

 

La colère des Thiantakoun  ne désenfle pas. Les disciples de Cheikh Béthio Thioune incarcérés à la prison de Thiès poursuivent leur grève de la faim. Ces derniers protestent contre leur longue détention. Les tentatives du personnel pénitentiaire de les en dissuader restent vaines. Ils ne veulent ni plus ni moins que l’ouverture de leur procès, maintenant que le dossier est bouclé depuis 5 ans. A défaut d’un «procès dans un délai raisonnable», ces détenus veulent une liberté provisoire en attendant  leur jugement. Avant-hier, un détenu pensionnaire de la chambre 12 du nom de A. Diouf a tenté de se suicider, en buvant de l’eau de javel, avant d’être évacué. Auparavant, il avait laissé une note où on pouvait lire : «Je dis au revoir à mes frères Thiantakoun  en leur confiant ce que j’ai le plus cher : ma mère et mes deux enfants. Ceci dans le seul but que mes condisciples soient jugés et que Justice soit faite». Aux dernières nouvelles, il était toujours hospitalisé. Hier encore, un autre de ses camarades a encore tenté le coup, selon les informations de WalfQuotidien. Tous les deux sont hospitalisés à l’hôpital régional de Thiès. Interpellé sur la situation qui prévaut à la prison de Thiès, le ministre de la Justice a annoncé l’ouverture imminente du procès des 16 Thiantakoun  accusés du double meurtre de Bara Sow et Ababacar Diagne survenu en 2012, à  Madinatou Salam (Mbour). «Le dossier est en phase d’être bouclé et la durée de l’instruction se comprend parce que c’est une affaire de crime de sang. On ne peut pas juger dans la précipitation. C’est cela qui fait que l’instruction a pris du temps (…)», avait-il déclaré sur les ondes d’une radio de la  place. Le dossier relatif à l’affaire Madinatou Salam dort dans les tiroirs de la Justice depuis cinq ans, car l’instruction a été clôturée en décembre 2013. Et les accusés renvoyés devant la Chambre criminelle (ex-Cour d’assises).

 

 

Pape NDIAYE

 

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