INSTALLEES POUR INTENSIFIER L’AGRICULTURE Les motopompes de Macky réduites à la ferraille

Si les paysans du nord avaient accueilli en fanfare plus de trois cents motopompes offertes par leur ministre de tutelle, c’était dans le cadre de la mise en œuvre du programme d’intensification agricole le long de la vallée. Aujourd’hui force est de constater que la déception est de plus en plus grande chez les paysans qui en avaient acquis.

 

(Correspondance) – Dans les différentes cuvettes rizicoles et périmètres irrigués villageois (Piv) du Nord du pays, la quasi-totalité des motopompes offertes par le gouvernement ont été toutes immobilisées à cause de pannes. A la cuvette de Niandane 2 Ofadec, forte de cent cinquante hectares, la seule motopompe n’a pas vécu plus de cinq mois, selon Mamoudou Sall, le vice-président du Gie de la localité. Et ce dernier de préciser qu’il suffit d’allumer l’engin pour se convaincre de sa mauvaise qualité. «Ici, quand nous allumons la motopompe à partir de 8 heures, elle s’arrête plus tard à 14 heures. Non seulement, elle ne peut continuer son rythme normal, mais plus grave, chaque jour il faut 60 litres de gasoil pour l’alimenter», souligne le vice-président du Gie de Niandane 2 Ofadec. Selon cet agriculteur, il faut casquer presque 50 mille francs Cfa par jour d’irrigation pour faire rouler la machine, même si, selon Mamoudou Sall, elle ne peut même pas irriguer un hectare. «Nous sommes très inquiets du fait que nous avons du mal à irriguer nos champs», lance le vice-président de la cuvette de Niandane 2 Ofadec, en pointant du doigt de nombreux semis qui sont en train de sécher à cause du manque d’eau. Alpha Diagne, responsable du matériel de la cuvette de désigner les machines en panne, éparpillées.

Ces producteurs, qui disent avoir contracté sept millions de francs de dette, affirment qu’ils ne sont pas sûrs de pouvoir solder leur crédit vis-à-vis de leurs créanciers. En attendant, ils sont obligés de réparer leurs anciennes motopompes. Une réfection des machines qui leur permet d’irriguer le peu d’hectares qu’ils ont mis en valeur.

C’est la même situation que vit Donaye, forte de 100 hectares. «Toutes les quatre motopompes que nous avions reçues sont tombées en panne. Nous étions obligés de réparer nos anciennes motopompes offertes par Abdoulaye Wade. Ces machines sont mille fois plus performantes que celles que nous avons reçues de l’actuel régime», explique Souleymane Thiène, responsable de Gie.

Dans l’arrondissement de Saldé, la situation est pire, selon Barou Diallo, ancien président de Gie. Dans ce village, les paysans soulignent n’avoir pas été en campagne faute de motopompes. Selon M. Diallo, toutes les deux machines de la localité sont tombées en panne. Les paysans du village de Saldé ont décidé de tout mettre en œuvre pour au moins pouvoir assurer cette année leur campagne. Ainsi, ils ont été obligés d’aller jusqu’au village de Thioubalel pour y louer une machine, selon Barou Diallo. Qui précise qu’il leur incombera de payer le gasoil, l’huile et l’engrais durant toute la campagne. Et à la fin de la campagne, il ajoute que chaque paysan payera dix mille francs au propriétaire de la machine. A défaut d’argent, le paysan cédera deux sacs de riz de 50 kg à ce dernier. Barou Diallo est convaincu que des paysans ne pourront pas aussi payer les deux millions de francs empruntés à la Cncas.

 

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