L’opposition prête le flanc, Macky matraque

CHRONIQUE DE WATHIE

Le Front pour la défense du Sénégal (FDS) a voulu battre le macadam ce vendredi.  A l’arrivée, c’est la police qui a plutôt battu les responsables de l’opposition. Car, la marche, qui n’a pas eu lieu, s’est véritablement transformée en une grande débandade. A la devanture de la RTS, où le départ était prévu, les manifestants se sont dispersés au premier coup de grenade lacrymogène. Les leaders, ceux qui s’étaient déplacés, ayant pris leurs jambes à leur cou, les militants qu’ils avaient mobilisés ne sont guère fait prier pour prendre la poudre d’escampette. Une course-poursuite qui va se poursuivre jusqu’au-delà de la place de l’Obélisque où, à part quelques irréductibles, seuls les journalistes étaient visibles.

Malick GACKOU et ses camarades croyaient visiblement qu’à leur arrivée, les forces de l’ordre allaient s’écarter pour leur céder le passage. Mal leur en a pris. Pour sa première marche, l’ancien Premier ministre de Macky SALL, Abdoul MBAYE, a été bien servi. Déployées en très grand nombre, les forces de l’ordre semblaient prendre plaisir à gazer et à matraquer. Seulement, ce n’est guère la seule mauvaise manœuvre que les opposants au régime de Macky SALL ont faite. Si beaucoup de leaders de partis politiques ne sont pas membres du Front pour la défense du Sénégal/Manko Wattu Senegaal, c’est, en grande partie, parce que celui-ci a été mis en place dans la plus grande précipitation. En deux temps trois mouvements, des coalitions se sont jointes à des partis et mouvements politiques. Et comme si ce manquement ne suffisait pas, une charte est élaborée, dans la foulée, mécontentant davantage ceux qui n’ont pas participé à sa rédaction. En mettant en place un bureau où des leaders très contestables siègent, Malick GACKOU et ses camarades ont davantage donné du grain à moudre à leurs détracteurs. «Ce n’est pas un garçon qui va nous priver de nos droits et libertés », lançait Mamadou Mouth BANE désigné porte-parole du Front. En s’adressant au chef de l’Etat en ces termes, devant caméras et autres dictaphones, le leader de « Jubanti Sénégal » a desservi ses camarades. En choisissant Déthié DIOUF, comme le responsable du mouvement des jeunes du FSD, Idrissa SECK et Cie n’ont pas non plus servi leur Front. Pas parce que leader du parti VISA, qui a été nommé en son absence, n’en a pas l’étoffe. Seulement, Déthié DIOUF qui a été président de l’Amicale des étudiants de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines en 1996 n’est, sans doute, plus jeune. «Cette coalition est créée dans un contexte nébuleux et inquiétant», avait lancé le professeur Amsatou SOW SIDIBE. C’est alors que les uns et les autres s’interrogeaient sur la sincérité les leaders dudit Front qui sont loin d’avoir les mêmes objectifs, qu’une marche est annoncée. Et, mettant la barre très haut, les opposants ont poussé leur outrecuidance jusqu’à vouloir terminer leur manifestation à la place Washington, devant le ministère de l’Intérieur. Une occasion que le régime de Macky SALL a saisie pour légitimer le matraquage.marche7

Si les opposants n’ont pas tenu ne serait-ce que quelques minutes devant la RTS, c’est parce que la police, qui a sorti la grosse artillerie, n’a pas fait dans la dentelle. Le professeur Malick Ndiaye, qui s’est pointé à la place de l’Obélisque après que les autres leaders ont été dispersés, ne dira pas le contraire. Sa parade a été stoppée par des policiers qui ne lui ont pas laissé le temps de finir sa violente diatribe contre les frères SALL. Le professeur a failli s’évanouir, comme Guy Marius SAGNA, quand des policiers, installés dans un pick-up, sont venus lui balancer des grenades lacrymogènes.

Le président Macky SALL est déterminé à mener sa barque sans la moindre vague. Le droit de manifester consacré par la Constitution dont il est le Gardien semble ne guère le préoccuper. Les policiers déployés pour mater les manifestants avaient la possibilité d’encadrer la marche jusqu’à la devanture de la Présidence sans anicroche. Pendant que certains l’appellent dictateur, Macky joue à se faire peur.

Par Mame Birame WATHIE

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