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MAUVAIS ACCUEIL DANS LES STRUCTURES SANITAIRES PUBLIQUES : Les acteurs font leur autocritique

La Coalition pour la santé et l’action sociale (Cosas) a tenu, hier, un panel sur «l’éthique et la relation des soins». Une occasion saisie par Pr Abdoul Kane, président de la structure, et ses camarades pour décrier le mauvais accueil dans les établissements sanitaires publics et le comportement de certains de leurs collègues face aux patients.

Le mauvais accueil dans les établissements sanitaires publics, avec récemment la sortie d’une circulaire du ministère de la Santé et de l’Action sociale, continue d’alimenter les débats chez les acteurs de la santé. Hier, lors d’un panel sur «l’éthique et la relation de soins», Pr Abdoul Kane, président de la Coalition pour la santé et l’action sociale (Cosas), et ses camarades, ont peint un tableau sombre de la situation dans les hôpitaux. Non sans dénoncer le manque de respect de certains de leurs collègues vis-à-vis des patients. Selon Pr Kane, il s’agissait de rappeler tout ce que les acteurs de la santé doivent mettre en œuvre pour que le patient puisse recouvrir sa santé et sa dignité. Et cela constitue, selon lui, un projet important de soins. «Nous ne devons pas nuire aux patients. Il fallait rappeler ces notions qui doivent guider l’action de tout soignant. Ce dernier doit être à la disposition du malade, de sa famille, de son entourage. Il doit développer son projet de soins pour permettre au patient de se remettre à pied. Et ceci doit se faire dans le respect de la personne humaine qui est un élément essentiel de la prise en charge des malades. Nous avons aussi les insuffisances des connaissances sur l’éthique des soignants dans nos différents pays. Et nous avons ébauché des solutions», indique Pr Abdoul Kane.

Ce dernier croit savoir que les solutions doivent partir d’abord de l’éducation de la société, dans nos écoles, dans la famille et dans nos écoles de formation. Il regrette le fait qu’on apprenne toujours aux acteurs de la santé comment faire une injection, une opération ou administrer tel ou tel médicament, tout en occultant quelque chose qui est très important dans la médecine, c’est-à-dire l’humanité du patient. De son avis, il urge d’inclure dans le curriculum de formation comment respecter la personne humaine notamment les patients. Il rappelle que soigner c’est aussi un art et une bonté. Le chef du service de cardiologie à la Fac de médecine de l’Ucad propose un espace d’échanges entre le médecin, le patient, les parents du patient, les sociologues, les psychologues etc. pour que chacun puisse dire là où on doit aller pour que le projet de soins soit au service du patient. «Nous ne disposons pas d’un Code de la santé qui est à jour. Cela est un véritable problème. Le Code de la santé qui est utilisé actuellement au Sénégal date de 1952. Nous n’avons pas une politique de santé codifiée mais plutôt un Code de santé exprimé à travers des documents. L’acte juridique doit être posé pour garantir le droit de ces patients. On aura beau avoir des ambulances, des scanners etc. mais s’il n’y a pas de base juridique tout est voué à l’échec», martèle Dr Amadou Bâ, administrateur hospitalier.

Pour Dr Ami Ndao Fall, la question de l’éthique se pose avec acuité dans le domaine de la santé au Sénégal, parce que le personnel soignant a affaire avec la vie des individus. D’après elle, il faut une sensibilisation dans les hôpitaux. «Aujourd’hui, on doit trouver des solutions sur comment lutter contre la souffrance que les patients ressentent quand ils viennent se soigner dans nos hôpitaux. Et cette souffrance se trouve à tous les niveaux, car, cela ne concerne pas seulement sa maladie. Un patient est une personne qui est diminuée. Donc nous devons redonner la dignité à cette personne. Au niveau de sa maladie, il a besoin d’être accompagné. Le fait qu’il n’ait pas de moyens pour se soigner ne doit pas réduire également sa dignité humaine. A côté de cette souffrance, le malade peut faire face à d’autres difficultés sociales», lance Dr Amy Ndao Fall. Qui, par la même occasion, regrette le fait que parfois même le malade n’est pas soutenu par sa famille. Elle prend l’exemple des personnes qui, selon elle, manque d’un appui psychologique au sein de leurs familles. «Aujourd’hui, les personnes âgées arrivent dans les structures sanitaires. On les maltraite et ne s’occupe pas d’eux correctement. Cela devient problématique. Au contraire, on doit leur tenir un discours rassurant en disant qu’elles doivent rester encore en vie parce que la société a besoin d’elles. C’est ça le bon soignant», déclare-t-elle       .

Samba BARRY

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