Modification de la Constitution : Alioune TINE tire la sonnette d’alarme

Sans citer nommément le système de parrainages qui divise actuellement la classe politique, Alioune Tine appelle le pouvoir à suspendre tout projet de loi lié au processus sans consensus et sans dialogue.

Quant à l’opposition le directeur d’Amnesty international pour l’Afrique de l’Ouest et du centre, demande de suspendre toutes manifestations politiques susceptibles de prolonger les tensions et violences politiques.

 

«A des moments historiques majeurs, le Sénégal a réagi dans un sens qui a contribué à consolider ou déconsolider la démocratie de 1962 à 2012.

Les nouveaux enjeux des élections de 2019 avec les mêmes tensions, violences, divergences profondes et dissensus prouvent à satiété que le Sénégal n’a pas été capable de trouver dans la durée une solution durable à une démocratie délibérative apaisée et civilisée fondée sur le respect mutuel et le souci majeur de servir l’intérêt général». C’est le constat fait par Alioune Tine à travers une déclaration de presse. Le directeur d’Amnesty international pour l’Afrique de l’Ouest et du centre de formuler quelques recommandations. D’abord, écrit-il, «il nous faut réfléchir et réinventer une démocratie postélectorale qui tienne compte des résultats des Assises tout en tirant les leçons du sort réservé aux conclusions des Assises et des leçons des événements politiques de 1962-63.»

Ensuite, poursuit Alioune Tine, «concernant la situation actuelle qui est une situation d’impasse du processus électoral qu’il faut lever dans les meilleurs délais. Demander à la classe politique de surseoir à toute action susceptible d’ajouter à la confusion régnante aux tensions et violences politiques. La majorité doit surseoir à tout projet de loi lié au processus sans consensus et sans dialogue». À l’opposition, Alioune Tine demande de suspendre toutes manifestations politiques susceptibles de prolonger les tensions et violences politiques. «Organiser un dialogue politique sincère et responsable, sans préalable et sans arrière-pensée», suggère Alioune Tine. «La société civile dont le rôle consiste à réguler le processus électoral par le monitoring, l’alerte et la médiation pourrait servir de facilitateur du dialogue politique», estime l’ancien patron de la Raddho pour qui cette méthode a pour avantage de puiser dans les ressorts et les ressources nationales pour trouver les solutions démocratiques endogènes. «L’autre avantage est de donner le maximum de légitimité à la légalité des lois électorales sur une question d’intérêt national majeur», ajoute Alioune Tine.

Pour le patron d’Amnesty international, «la démocratie, tout le monde le sait, c’est le conflit et le débat contradictoire qui la constituent de façon structurelle. Cette guerre verbale a des règles explicites ou tacites qui peuvent évoluer avec les contextes». La démocratie, souligne-t-il, c’est aussi les institutions démocratiques, c’est également les procédures et les régimes. Dans les pays africains, rappelle Alioune Tine, la démocratie est souvent réduite aux élections, à une procédure qui permet le transfert démocratique du pouvoir. «Ce qui caractérise les démocraties africaines c’est la focalisation sur le pouvoir et essentiellement sur le pouvoir présidentiel qui devient l’enjeu absolu». Cet enjeu, poursuit-il, polarise toutes les énergies, toutes les passions, tous les moyens et devient un des facteurs majeurs de tensions, de conflits et de guerres civiles sur le continent ou pire de délitement, de déliquescence et de faillite des Etats en Afrique. «Beaucoup de pays africains sont dans cette situation. A l’Union africaine comme à la Cedeao, les élections sont considérées comme des moments de menace pour la paix et la sécurité et gérées par les départements Paix et sécurité de ses institutions. Force est de constater l’impuissance de ses institutions à réguler la violence et les conflits en dépit des textes et des mécanismes de régulation», indique encore Alioune Tine. Finalement, «ce sont les dynamiques internes, les dynamiques nationales avec une classe politique et une société civile responsable, patriote pétrie de culture politique, démocratique et exclusivement dévolue aux intérêts supérieurs de la nation qui arrivent à relever les défis de la paix et de la sécurité garante de l’unité nationale et du vivre-ensemble».

 

Georges Nesta DIOP

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