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«Pape Abdoulaye SECK, le pire ministre de l’Agriculture du Sénégal», selon des travailleurs de l’ISRA

L’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra) traverse une crise financière sans précédent. En Assemblée générale hier pour réfléchir sur les voies et moyens de sortie de crise, ses syndicalistes ont tiré à boulets rouges sur le ministre de l’Agriculture qu’ils qualifient de pire ministre de l’histoire du Sénégal.

L’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra) vit une situation difficile. A l’origine, le non-versement de la quatrième tranche du budget de 2017 et l’amputation d’une bonne partie du budget de 2018 (2,9 milliards F Cfa). Ce qui fait que l’Institut se trouve dans une situation inexplicable qui ne lui permet plus de faire face à ses engagements. L’institut ne parvient plus, en effet, à payer correctement ses salaires ou honorer ses engagements auprès des institutions comme l’Ipm. Même les factures d’électricité, d’eau et de téléphone ne sont pas honorées. Cette situation est causée, selon eux, par leur ministre de tutelle, Papa Abdoulaye Seck, un ancien de l’Isra qu’ils qualifient de «piètre ministre de l’Agriculture». Pour eux, seul le Président Macky Sall peut sortir l’Isra de cette mauvaise passe.

Secrétaire général du Syndicat des chercheurs et membre de l’Intersyndicale des travailleurs de cet institut, Dr Tamsir Mbaye informe que «le Directeur général et son staff ont été saisis avant qu’on ne rencontre en audience le ministre de l’Agriculture et la tutelle technique de l’Isra, qui a pris beaucoup d’engagements sans les respecter». Pour le syndicaliste en chef de l’Isra, «Papa Abdoulaye Seck a montré son incompétence à régler cette situation. C’est pourquoi, une lettre ouverte a été adressée au président de la République pour qu’il vous vienne en aide». Parce que, selon les syndicalistes, «seul le président de la République est capable de régler les difficultés de cet institut».

Les problèmes budgétaires et de trésorerie de l’Isra, selon les informations issues du dernier Conseil d’administration tenu le 9 novembre dernier, laissent présager des difficultés réelles de règlement des charges de fonctionnement sur plusieurs mois. Depuis 10 ans au moins, l’Isra reçoit de l’Etat 4,5 milliards F Cfa par an, en moyenne, assurant à peine 45 % de son fonctionnement. Pour le financement de ses recherches, les chercheurs, à travers diverses conventions au gré des priorités des bailleurs et non celles publiques de développement agricole, se substituent à l’Etat avec beaucoup de peine. Face à ce malaise, les travailleurs avaient prévu un sit-in au mois de janvier dernier pour alerter. Mais, «ils ont reçu des menaces de leurs supérieurs. Ce qui fait que beaucoup d’entre eux ne se sont pas présentés à cette Assemblée générale».

Pour ne pas être que dans la critique, les travailleurs ont proposé des solutions pour remettre la boîte sur les rails. Lesquelles portent sur la transformation de l’Isra en un institut transversal avec cinq domaines de compétences comme, entre autres, l’Elevage, la Pêche, l’Environnement, en termes de recherches surtout stratégiques publiques d’accompagnement des  producteurs.

 

 

 

 

 

 

Magib GAYE

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