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Procès en appel de Hissène Habré : le procureur Mbacké FALL fait miroiter la clémence

Condamné à la perpétuité en première instance, Hissène Habré pourrait échapper à la prison à vie en appel.  En effet, pour le procureur général, une clémence est dans l’ordre du possible.

«Les circonstances aggravantes l’emportent de loin sur les circonstances atténuantes. Mais l’homme a implicitement accepté l’appel en espérant une réduction de la peine.  Le parquet s’en remet au tribunal spécial. Il vous appartient de voir s’il y a des circonstances atténuantes pour moduler la peine, en tenant notamment compte de l’âge du prévenu (74 ans, Ndlr)», a déclaré Mbacké Fall hier au troisième jour du procès en appel. Selon lui, même si Habré a rejeté ses avocats et soutenu qu’il ne reconnaît pas le Tribunal spécial, il regrette du fond de sa cellule toutes les atrocités commises lors de son magistère. Seulement, le juge qui n’est pas lié par les réquisitions du ministère public pourrait donner suite à cette requête, tout comme il pourra passer outre la sollicitation du parquet général. Le parquet général a, en outre, demandé la réparation des séquelles physiques et morales subies par les victimes. A titre de réparation collective, le procureur Mbacké Fall est favorable à une cérémonie commémorative d’hommage périodique pour les victimes ou l’érection de monument. Une mesure qui devra être notifiée à l’Etat tchadien, à la fin du procès.

Cependant, même s’il reconnait le bénéfice des circonstances atténuantes, le magistrat Mbacké Fall est d’avis que l’accusé doit être déclaré coupable des faits qu’on lui reproche. Dans ses réquisitions, il a démonté, pièce par pièce, ces accusations. Le procureur général des Chambres africaines extraordinaires a fustigé cet argumentaire. «Je peux vous dire que tous les droits de la défense, reconnus à Hissène Habré, ont été respectés à tous les stades de la procédure. Il comparaissait régulièrement devant les juges d’instruction, accompagnés de ses avocats. Mais quand quelqu’un renonce à ses droits, qu’est-ce que l’on peut faire», a lancé le procureur général Mbacké Fall. Pour démontrer la culpabilité de l’accusé sur les crimes qui lui sont reprochés, le représentant du ministère public d’insister sur la responsabilité hiérarchique de Habré dans les organes de répression de l’armée comme de la police, avec notamment la Direction de la documentation et de la sécurité (Dds).

Selon le procureur Mbacké Fall, l’implication de Habré dans la répression des Hajarays, des Zaghawas et autres prisonniers ne souffrait d’aucun doute, puisqu’il contrôlait ladite Direction de la documentation et de la sécurité. Il recevait les comptes rendus au quotidien et donnait des instructions à ses lieutenants. Occasion qu’il saisira pour se prononcer sur le silence de Habré et sur les conséquences de cette attitude sur la procédure. Toujours dans son réquisitoire, le magistrat a démontré les accusations de viol perpétré au préjudice de la dame Khadija la Rouge. En effet, lors de la première instance, les avocats de la défense ont évoqué le délit de «faux témoignages», en accusant les juges de la première instance de pousser la victime Khadija Hassane Zidane à accuser leur client de crime sexuel.

Le réquisitoire du parquet général va donner lieu aux répliques des avocats de la défense et ceux des parties civiles, avant que les débats ne soient déclarés clos pour que la date du verdict en appel soit fixée par les juges.

 

Walf Quotidien

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