Société

REFLET Provocation inacceptable

«Nous ne sommes pas Charlie», avions nous écrit dans ces mêmes colonnes au lendemain des attentats, le 7 janvier 2015, contre le journal satirique Charlie Hebdo. À l’époque, de nombreux Sénégalais, dont le Président Macky Sall, avaient affiché leur soutien à la France en allant manifester à Paris dans un cortège où l’on brandissait les caricatures du prophète (Psl). Pour nous, ce n’était nullement une manière de justifier ou de chercher à expliquer ces actes posés par ceux qu’on appelle terroristes ou jihadistes et qui sèment la mort pour imposer leur vision exclusive de la religion. Non. En réalité, la question qui se pose, c’était simplement de savoir au nom de quelle liberté on doit se permettre d’insulter les croyances de milliards de musulmans qui vivent dans tous les coins du monde. Cette question, la France et ceux qui la soutiennent refusent de se la poser. Il a raison, d’ailleurs, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine quand il a fait remarquer, lors du Gamou 2014, que ce sont les Occidentaux qui, par leurs agissements, ont fini par créer tous ces groupes terroristes qui viennent les frapper chez eux.

 

Un an après les attentats de Charlie Hebdo, un an après cette fameuse marche à laquelle a pris part le Président du Sénégal, voilà que l’hebdomadaire parisien, Jeune Afrique, s’attaque à ce que des millions de Sénégalais ont de plus cher. En osant mêler l’image de Cheikh Ahmadou Bamba à une caricature relative aux sacs à main de l’artiste Waly Seck, Jeune Afrique provoque et offense tous les Sénégalais. Tout simplement inacceptable. Mais doit-on s’étonner que cela arrive dans un monde où, au nom de la liberté, on s’attaque à une religion comme l’Islam et à ses symboles ? Certainement non. Mais si Jeune Afrique a osé, c’est aussi parce que les autorités sénégalaises ont aussi osé. Sinon comment comprendre qu’un gamin puisse, au nom de son art, se pavaner avec des sacs pour femme et que personne ne le rappelle à l’ordre. Pis, le ministre de la Culture et bien d’autres personnalités se sont permis de l’encourager. Si les journalistes de Jeune Afrique ont osé, c’est aussi parce qu’ils ont l’habitude de voir des artistes sénégalais afficher l’image de guides religieux comme Cheikh Ahmadou Bamba dans leurs vidéos avec des femmes qui s’illustrent dans des danses plus qu’obscènes. Et ça, personne ne le dénonce.

 

Pourtant, au nom de la lutte contre le terrorisme, l’Etat du Sénégal est en train de fermer des lieux de culte musulmans. Le dernier exemple en date, c’est cet ordre de fermer la mosquée de l’aéroport. Or, celle-ci n’a jamais dérangé personne si ce n’est Léopold Sédar Senghor qui, selon certains de ses détracteurs, a toujours préféré que ceux qui descendent à l’aéroport international de Dakar ne soient pas accueillis par ce lieu de culte musulman. Voilà une belle manière de donner raison à ceux qui soutiennent que cette prétendue lutte contre le terrorisme n’est destinée qu’à combattre l’Islam. Les mourides ont le droit d’exiger des excuses publiques de Jeune Afrique, mais les autorités ont aussi l’obligation de prendre position de manière claire s’il est vrai que Macky Sall défend l’Islam confrérique du Sénégal comme il le clame partout depuis quelques mois.

 

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