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Sadio MANE et Aliou SALL, Honneur Et Déshonneur (Par Moustapha SECK)

CONTRIBUTION

On dit que les élections présidentielles sont un rendez-vous d’un Homme avec son peuple. Par deux fois le président Macky Sall a eu ce rendez-vous avec le peuple sénégalais, et par deux fois, il a été presque plébiscité.

Il arrive des moments où par le détour d’un évènement heureu

x et malheureux, un peuple (du moins beaucoup d’entre eux) reste suspendu aux faits et gestes d’un individu.

Ce fut le cas le 1er Juin passé avec Sadio Mané lors de la finale de la ligue des champions. L’enfant de Bambali sous les couleurs rouges de Liverpool rendit heureux et fiers beaucoup de sénégalais en remportant le plus prestigieux trophée du milieu du football après la coupe du monde.

C’est sur les épaules de ce garçon qui vient de loin et de nulle part, et qui n’a presque pas d’aspérités, que repose principalement les espoirs du président Macky Sall pour soulever la CAN. Il a fini de le lui témoigner. Il sait que Sadio fera de son mieux.

Déjà Sadio a plus investi dans sa localité que tous les régimes qui se sont succédé à la tête du Sénégal indépendant et de l’administration coloniale.

Il est certain qu’en ces temps d’effervescence socio-politique et médiatique au Sénégal, Macky Sall aurait aimé pouvoir compter de la même manière sur son frère cadet Aliou Sall. Ce gars qui un soir de 2012 émergea de nulle part pour s’emparer de la mairie de Guédiawaye avec l’aide de son frère, le soutien (contre l’avis de son parti) de Moustapha Niasse, actuel président de l’Assemblée Nationale du Sénégal, et la lâcheté de Malick Gackou.

Depuis son élection à la tête de la mairie de Guédiawaye, son plus haut fait d’arme reste une vidéo dans laquelle il apparait (comme toujours en ne faisant rien du tout), en compagnie de Bamba Fall, maire de la Médina et la dame Yaye Fatou Diagne. Sinon, non content de l’avoir bombardé maire, après avoir juré que jamais il ne le mettra à un poste nominatif, son frère de président le catapultera Directeur général de la Caisse de Dépôt et de Consignation, la plus grande banque du pays.

Malgré tous ses pouvoirs, Aliou peine à se faire un nom, et à être autre chose que le frère du président de la république, même au sein du parti au pouvoir qu’est APR, né chétif. On serait amené à dire.

Aliou est abonné absent sur tous les fronts où son frangin est attaqué et malmené, par l’opposition la plus molle de toute l’histoire politique du Sénégal, et une presse le plus souvent très tendancieuse.

À le regarder des fois, on serait amené à se demander est ce que ce gars est un être organique, tellement son regard est inexpressif, son attitude terne, son incapacité prouvée, son silence (quoi qu’il arrive) assourdissant.

Ainsi allait Aliou dans le Sénégal avec à sa tête son frère et son ‘’clan’’, jusqu’au jour du 03 Juin où la chaine BBC vint jeter un pavé dans le ‘’Macky’’. Du point d’impact de ce ‘’pavé’’ ‘’jaillit du pétrole et du gaz’’ qui éclaboussa Aliou de la tête aux pieds. Et le voilà subitement loquace, qui convoque une conférence de presse pour laver son ‘’honneur’’, sans jamais arriver à convaincre

La chaine anglaise s’y est tellement mal pris, son document dont on a du mal à savoir est-ce un documentaire, donc le point de vue d’une personne qui, quel que soit sa pertinence, reste le point de vu d’une personne, ou est-ce un reportage journalistique, ou une vidéo comme on en fait tous les jours par des tiers personnes. Ce document qui tient à la fois de la démarche des trois genres précités est mal fait, avec beaucoup légèretés (outrancièrement à charge avec une journaliste qui se prend pour Michael Moore), beaucoup de lignes de fractures (plusieurs fois l’avis de l’expert se confond avec un avis personnel tout court), au point que rien ne devrait être plus facile à démontrer que ça, s’il n’y avait pas un bien fondé, surtout pour quelqu’un qui détient autant de pouvoir et de moyens qu’Aliou Sall, qui incarne presque l’Etat du Sénégal, en tout cas qui est plus à l’aise que même le président du Sénégal au Sénégal.

Les accusations sont graves. Des milliards de dollars privés au Sénégal au profit d’Aliou Sall. L’étape actuelle de l’évolution de cette affaire ne permet pas encore de connaitre tous ses tenants et aboutissants. Mais il demeure constant que le Sénégal est un pays pauvre très endetté. Trop endetté même depuis l’avènement de Macky Sall au pouvoir.

Le Sénégal ne devrait pas souffrir l’opprobre de voir un de ses fils, frère de son président qui plus est, être accusé de détournement de plusieurs milliards de dollars. C’est là (quelque sera l’aboutissement de cette affaire) que gît la honte, l’infamie, le déshonneur, l’humiliation, parce qu’il traduit du népotisme, de l’incapacité, de l’incurie, de l’impéritie, et bien au-delà de tout cela, au plus haut sommet de l’Etat.

Le Sénégal rappelons-le, si besoin en était est le pays que des milliers de jeunes veulent quitter au prix de leur vie. Des milliers ont déjà été englouti par la mer en voulant traverser l’atlantique. Des centaines parmi d’autres jeunes africains, ont été retenus en esclavage et ou vendus en Lybie où ils transitent sur le chemin de l’Europe. Ni le président Macky, ni son frère Aliou n’ont élevé la voix pour s’indigner contre cette barbarie qui a heurté l’ire du monde entier.

Beaucoup de ces jeunes, (certains au prix de leur vie, d’autres de leur liberté, d’autres encore en consentant d’énormes sacrifices) s’étaient beaucoup investis pour faire partir Wade et élire Macky Sall. Pendant ce temps personne ne connaissait Aliou Sall. Personne n’avait jamais entendu parler de lui.

Le Sénégal c’est le pays où peut être en ce moment où j’écris ces lignes des femmes sont en train de mourir du simple fait de donner la vie, faute de structures de santé adéquates. Ce dont sans doute, Sadio Mané ne veut plus entendre parler, au point qu’il finança la construction d’un hôpital dans son bled. Pourtant bien que très riche, par le biais d’une activité connue du monde entier, il est loin d’avoir la somme dont on accuse à Aliou Sall.

Le Sénégal c’est le pays où des milliers d’hommes et de femmes, enfants et vieux n’ont pas accès à l’eau potable bien qu’il soit l’un des pays les plus arrosé au monde. La solution de cette liste de problèmes énumérés ici, qui du reste est loin d’être exhaustive, ne nécessite pas autant d’argent dont on accuse Aliou Sall.

Nous tous sénégalais épris de paix et de justice, soucieux de la stabilité du pays, surtout en ces temps où rode tout au tour la malédiction du pétrole. Nous tous désireux de voir notre pays prospérer, nous devons exiger, et ne jamais cesser d’exiger par tous les moyens nécessaires, jusqu’à ce que nous obtenions gain de cause qu’Aliou Sall soit démis de toute responsabilité et mis à la disposition de la justice. Ce quidam sans finesse, sans raffinement, sans vergogne, fourbe et avare, véloce et vorace, vide et avide, Il est tout cela et bien plus que tout cela, il est l’ignominie incarnée.

 

 

 

 

 

Moustapha SECK

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