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Le silence intrigant des chefs d’Etat à propos de l’ECO (Par Jean Pierre Malou)

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Le 1er juillet dernier, devait entrer en vigueur la nouvelle monnaie Eco dans l’Union économique monétaire ouest africaine (Uemoa). Depuis lors que nenni! Est-ce la terreur de la pandémie de la Covid-19 qui a changé la donne au point qu’aucune communication de la part des chefs d’Etat n’ait été jusqu’ici faite pour expliquer cette décision politique aux populations?

 

Difficile à l’heure actuelle de dire avec exactitude à quand l’effectivité de la mise en circulation de la nouvelle monnaie Eco dans l’Union économique monétaire ouest-africaine (Uemoa). En effet, cette monnaie devait initialement entrer en vigueur à partir du 1er juillet 2020. Mais, jusqu’ici que nenni! Le plus étonnant, c’est le silence de cathédrale des dirigeants de cet espace communautaire. Et pourtant, le 20 mai dernier, le gouvernement français a adopté en Conseil des ministres le projet de loi qui entérine la fin du franc Cfa.

Cet acte validait de facto celui du président Emmanuel Macron qui, lors d’une conférence de presse conjointe à Abidjan (Côte d’Ivoire), le 21 décembre 2019 avec Alassane Ouattara, annonçait en grande pomme et à la surprise générale que le franc Cfa allait disparaitre de l’Afrique de l’Ouest. «Par un accord avec les autres chefs d’Etat de l’Uemoa, nous avons décidé de faire une réforme du franc Cfa», avait dit le président Ivoirien. Entre temps, la pandémie à coronavirus a changé la donne et bousculé tous les agendas. En vérité, l’incertitude est devenue la nouvelle norme. Face à cette volonté politique voulue et actée par la France en donnant le feu vert, les dirigeants de l’Afrique de l’Ouest ont suffisamment matière à réflexion pour communiquer aux populations sur cette décision politique d’autant plus que celles-ci étaient en marge des négociations entre la France et leurs dirigeants.

A ce jour, pas un seul chef d’Etat de l’Uemoa n’a fait de déclaration pour expliquer à ses concitoyens ce qui va réellement changer avec la nouvelle monnaie. Certes, même sur le plan de la circulation monétaire, rien ne va changer, il est bon d’expliquer aux populations les changements institutionnels. Parce qu’avec cette monnaie, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) reste le principal responsable de l’émission des réserves et de la gestion monétaire. A défaut de tout cela, la Bceao doit communiquer. Et pourtant, malgré toutes ces difficultés de mobilité, les conditions technologiques leur offrent cette opportunité d’échanges entre chefs d’Etats sur cette question. Mais, on constate pour le déplorer, un silence de mort.

 

 

 

 

 

 

Jean Pierre Malou

 

 

 

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