Une société malaisienne expulse les habitants de Dougar

Entre populations de Dougar, village situé dans la commune de Diamniadio, et Peacock Investment, le torchon brûle. A l’origine, une affaire foncière qui a mal tourné.

(Correspondance) – Le litige foncier opposant la société malaisienne Peacock Investment et les populations de Dougar, village situé dans la commune de Diamniadio, n’est pas près de s’estomper. Les habitants de Dougar crient toujours à l’expropriation et à l’usage de faux sur le titre foncier 5596/R. Lors de leur conférence, tenue dimanche dernier, suite à l’interdiction de leur marche, ils ont fait l’historique du conflit. En effet, renseigne Daouda Faye, leur porte-parole, le site initialement retenu pour ce projet avait été défini en 2010 par un rapport de présentation produit par le ministère de l’Economie et des Finances. Un document confirmé par le décret 2010-1074 du 13 Août 2010, signé par le président Abdoulaye Wade. Ainsi, signale-t-il, la situation actuelle est causée par la grande avidité de promoteurs «véreux» qui, selon lui, «ont préféré quitter le site initialement prévu pour venir déloger de pauvres paysans et s’accaparer de leurs terres».

D’ailleurs, renseigne Daouda Faye, en plus d’avoir menti sur la localisation du site qui lui a été affecté, Peacock Investment donne de fausses informations sur la superficie. «La superficie ne fait pas 80 hectares mais 72 hectares et quelques. Elle englobe les cimetières de Dougar Lossa vieux de plus de 40 ans», précise le porte-parole. Tout en notant que  Peacock Investment sait très bien que les papiers dont il dispose ne lui permettent pas de s’installer sur ce site. Alors que, pendant ce temps, dit-il, l’Etat a laissé faire un promoteur étranger qui, en juin 2019, encadré par des éléments de la Dscos, «a rasé des champs, des maisons en construction, des fondations, des maisons habitées. C’est ainsi que le domaine de trois hectares de la famille Abass Sall a été détruit en quelques minutes, sans sommation. Dans ce champ, il y avait des appartements qui servaient de lieu de recueillement. Il y avait aussi des arbres fruitiers. Une boulangerie a été détruite. Suite à cela, 49 de nos jeunes ont été arrêtés injustement. Il a fallu cinq avocats pour les tirer d’affaire. Tout cela parce qu’il y a des gens qui ont besoin de ces terres et ils n’ont pas choisi la bonne voie pour les avoir». Dénonçant toujours le faux dont a usé la société malaisienne, les victimes signalent qu’un autre titre foncier «fictif» de 86 hectares a été accolé au site en question. Il s’agit du titre 8457. Une superficie qui englobe, selon eux, une partie du terrain municipal de Dougar Lossa qui a obtenu une délibération du temps de la communauté rurale, les cimetières de Dougar Peulh, les deux mosquées, les deux centres de formation en construction sur la route de Diamniadio, le centre de formation en aviculture et le centre de formation en tourisme.

Aujourd’hui, ces populations ne sont pas encore au bout de leurs peines après la publication du rapport gouvernemental sur les litiges fonciers et communautaires. En effet, fait remarquer Daouda Faye, «le litige qui nous oppose à Peacock Investment a été mentionné mais mal libellé parce qu’on dit que la population de Dougar n’est pas d’accord sur le projet Peacock Investment. Ce qui est faux». Les populations de cette cité comptent se battre pour préserver leurs droits. Elles interpellent les autorités qu’elles tiennent responsables de tout ce qui adviendra. Nous avons essayé d’avoir la version des dirigeants de PeacockInvestment. Sans succès.

 

 

 

 

 

 

Najib SAGNA

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