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Sommet UA à Malabo : l’Afrique « goutte » à l’amateurisme de Macky

Le sommet de l’Union africaine s’est achevé samedi à Malabo, en Guinée Equatoriale. Il n’y a pas eu de cérémonie de clôture, ni de déclaration finale. 

Sans pouvoir y trouver un remède, les chefs d’Etat africain, du moins ceux qui se sont déplacés à Malabo, la capitale de la Guinée Equatoriale ont pointé le mal actuel de l’Afrique. Nombre d’entre eux  ont constaté que le terrorisme, la mauvaise gouvernance et les coups d’Etat peuvent avoir des liens de cause à effet et aggraver les crises humanitaires qui endeuillent l’Afrique. Tout d’abord, le président de la Commission de l’Union africaine n’a pas mis de gants pour décrire les profondeurs des problèmes des Africains. Moussa Mahamat Faki a condamné «le retour en force de coups d’Etat militaires en Afrique» au motif de «l’incapacité des gouvernements civils démocratiquement élus à lutter contre le terrorisme»

Le Tchadien a aussi fustigé les «coups d’Etat rampants» que constituent, entre autres, «les modifications de constitutions aux fins de confiscation du pouvoir». «Mais certains sont d’avis, non sans raison», que ces pratiques «constituent des sources de contestation et d’instabilité (…) qui bloquent toute possibilité d’alternance» et «débouchent sur des coups d’Etat militaires ou des révoltes, dans certains cas avec un soutien manifestement populaire», a analysé M. Faki. Avant d’ajouter : «Cessons de regarder ailleurs lorsque les pratiques politiques de nos Etats heurtent les règles et les principes de la gouvernance vertueuse que nous avons unanimement adoptés». Plusieurs chefs d’Etat intervenant, ou leurs représentants, ont, eux, blâmé les «ingérences» étrangères, le «néocolonialisme» de certaines puissances et les «mercenaires» pour expliquer les putschs ou justifier la perpétuation de pouvoirs forts.

Ce discours du président de la commission s’adresse sans doute au Mali et à la Centrafrique qui ont fait appel aux mercenaires du groupe Wagner pour protéger leur pouvoir et lutter contre l’insécurité qui gangrène ces pays. Précisément, le Mali qui a presque rompu tous ses liens avec la France, s’est tourné vers la Russie pour combattre les djihadistes dans son territoire. Le Burkina est presque sur la même voie que le Mali, tandis que le Tchad, dirigé par une junte depuis la mort de Idriss Déby en avril 2021, est sous les bons auspices de la France, de l’Union africaine et de l’Union européenne. Ces deux derniers pays sont la proie des groupes armés terroristes à l’image d’autres Etats du continent.

Pas de cérémonie de clôture ni de déclaration finale

A Malabo, la fin du sommet de l’Union africaine ressemble à une classe de primaire dont les élèves ont été abandonnés en plein cours par leur maître. Le président de l’Union africaine, Macky Sall qui a été vite rattrapé par une actualité domestique à savoir l’incendie de l’hôpital Mame Abdoul Aziz Sy de Tivaouane ayant causé la mort de 11 bébés, a quitté Malabo en catastrophe. Déjà, certains chefs d’Etat, comme le Congolais Felix Tshisekedi, n’ont pas participé au sommet. Tout comme le Rwandais, Paul Kagamé. Ces deux présidents sont divisés par des accusations d’attaques armées perpétrées dans leur territoire, mais préparées chez le voisin. Un paradoxe ! Fallait-il espérer mieux sur ce sommet si l’on sait que certains chefs d’Etat se sont sentis visés dans les discours des officiels ? On oserait même affirmer que certains présidents ayant fait plus de 30 ans au pouvoir, comme l’Equato-Guinéen Téodoro Obiang Nguema, se sont auto-flagellés. Donc, ce n’est pas surprenant, avec la manière dont s’est déroulé le sommet, que les dirigeants africains repartent en catimini dans leur pays en soirée. Sans tenir une cérémonie de clôture ni faire une déclaration finale.

Sur son compte Twitter, l’ancien Premier ministre Abdoul MBAYE relève ces manquements qu’il attribue à la présidence sénégalaise.

Un sommet de l’UA sans communiqué final ce n’est pas très honorable pour la présidence sénégalaise. Mais que les échanges aient pu dénoncer les coups d’état constitutionnels par modification ou fausse interprétation des constitutions est une très grande avancée.

Baba MBALLO

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