TRAFIC DE BOIS EN CASAMANCE : HAIDAR EL ALI DÉNONCE L’INACTION DU GOUVERNEMENT

 Un drone ne sert pas qu’à faire la guerre ou à amuser. Il peut aussi servir à prévenir ou à lutter contre le pillage des ressources naturelles. A l’aide d’un drone, Haidar El Ali, ancien ministre de l’Environnement à réussi à capter des images, qu’il a rendues publiques hier à Dakar. Les images montrent l’ampleur du trafic du bois de vène à Saré Bodjo, village gambien situé à un kilomètre de la frontière sénégalaise.L’appareil a filmé des milliers de troncs d’arbres alignés au sol et prêts à être chargés sur des camions.Outre des charrettes remplies de bois, tirées soit par des chevaux, soit par des ânes, on y voit aussi des véhicules qui ont déjà fait le plein de bois de vène rouler sur une piste en direction de Banjul. «Cela touche à la mafia, aux intérêts économiques. On nous cache la vérité. Sur le terrain, des mafieux chinois et des lobbys puissants coupent des centaines voire des milliers de troncs chaque jour», déclare Haidar El Ali. Ancien ministre de l’Environnement, Haidar El Ali précise que dans le Code forestier sénégalais, le bois de vène est une espèce protégée et interdite d’exportation depuis 1998. Et il ajoute que la Gambie, qui n’a presque plus de forêt, n’a autorisé qu’une seule entreprise à exporter du bois: Westwood, directement rattachée au chef de l’Etat, Yahya Jammeh. Donc, Haidar El Ali déduit que Weswood est le passage obligé pour la Gambie où il ne reste plus que quatre mille hectares de forêts, d’écouler vers la Chine, de manière frauduleuse, le bois coupé en Casamance.

Des immigrés dans le circuit

 «Dans la forêt de Médina Yoro Foula, près de 200 camions traversent régulièrement les frontières. En 2015, 10 mille hectares soit 25 % de la forêt ont disparu. Au rythme actuel, 50 % de la forêt va disparaitre. Le gouvernement du Sénégal ne met pas les moyens pour surveiller la forêt de Médina Yoro Foula.  Des militaires ont été envoyés en inspection, mais cela ne suffit pas. Ils viennent et ils repartent», dénonce Haidar El Ali. Qui indique qu’il s’était pourtant réjoui de l’annonce du chef de l’Etat Macky Sall, en 2015, du recrutement de 400 agents supplémentaires pour faire face au trafic de bois en Casamance. Selon l’ancien ministre, le trafic de bois rapporte tellement gros que des immigrés rentrés au bercail, s’y adonnent. «Le mètre cube de bois coûte 700 dollars environ 450 mille francs Cfa. 30 troncs équivalent à une moto Jakarta. C’est pour cela que les immigrés rentrent au bercail pour couper les arbres. C’est un business. L’économie chinoise se développe et notre forêt est détruite», analyse le spécialiste de l’environnement.

L’ancien ministre avance que le résultat de ce trafic du bois de vène en Casamance a fait perdre au Sénégal un million d’arbres, tandis que les exploitants basés en Gambie ont empoché près de 140 milliards francs Cfa dans l’exportation de cette «marchandise» vers la Chine. En 2015, plus de la moitié des bois rouges importés par la Chine provenaient d’Afrique, selon les statistiques des douanes chinoises, citée par Haidar El Aly. Pour ce dernier, la demande de meubles faits de ce bois de vène a explosé ces dernières années. Haidar El Ali souligne que la Gambie, malgré son absence de forêts, arrive en deuxième position des exportations de bois vers la Chine, juste derrière le Nigeria.

Baba MBALLO

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